Ozempic, Wegovy, Mounjaro : comprendre ces médicaments dont tout le monde parle

Ils s’affichent sur les réseaux, s’invitent dans les conversations et font la une des journaux. Pourtant, Ozempic et ses « amis » n’ont pas été conçus pour maigrir. Retour sur leur histoire, leur fonctionnement et leurs limites.
Une hormone copiée
Après un repas, notre intestin fabrique naturellement une hormone appelée GLP-1. Elle prévient le cerveau que l’on a assez mangé, ralentit la digestion de l’estomac et aide le pancréas à libérer de l’insuline quand le taux de sucre dans le sang monte. Ozempic et Wegovy, qui contiennent du sémaglutide, ainsi que Mounjaro, qui contient du tirzépatide, imitent cette hormone. Ils s’administrent le plus souvent par une injection hebdomadaire, avec un stylo.
Conçus pour soigner le diabète
À l’origine, ces traitements servent à équilibrer la glycémie des personnes atteintes de diabète de type 2. C’est la vocation d’Ozempic. Wegovy contient la même molécule, à une dose plus élevée, et dispose d’une autorisation spécifique pour traiter l’obésité. Mounjaro, lui, est utilisé à la fois dans le diabète de type 2 et dans l’obésité.
Du diabète à la perte de poids
En suivant leurs patients diabétiques, les médecins ont remarqué un effet inattendu : l’appétit diminue, on se sent rassasié plus vite et le poids baisse. Dans les essais cliniques, la perte moyenne atteint environ 15 % du poids de départ avec le sémaglutide, et près de 20 % avec le tirzépatide, en un peu plus d’un an. Des résultats inédits pour des médicaments.
Cet effet a séduit bien au-delà des malades. Des personnes sans diabète ni obésité se sont mises à réclamer Ozempic pour perdre quelques kilos. Cet usage détourné a contribué à des tensions d’approvisionnement pour les patients diabétiques et le cadre s’est précisé depuis.
Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés à 65 % pour l’obésité de l’adulte mais dans des conditions strictes : un indice de masse corporelle d’au moins 40, ou d’au moins 35 en présence d’une maladie associée (diabète, hypertension, apnées du sommeil…), après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle. La première prescription est réservée à des médecins spécialisés dans l’obésité.
Des limites à connaître
La première est le manque de recul. Ces médicaments sont récents et on ne sait pas encore ce qu’ils produisent après de très nombreuses années. Les études les plus longues portent sur quelques années : une revue de la collaboration Cochrane, commandée par l’OMS, montre que les effets sur le poids se maintiennent jusqu’à 3,5 ans, mais les données de tolérance au-delà de deux ans restent limitées. Or l’obésité étant une maladie chronique, le traitement pourrait durer toute la vie. L’ANSM (l’agence française du médicament) met d’ailleurs en place des études pour surveiller d’éventuels effets très rares ou encore inconnus à long terme. Et la plupart des essais ont été financés par les laboratoires, d’où le besoin d’études indépendantes. En décembre 2025, l’OMS a publié ses premières recommandations sur le sujet, qu’elle qualifie de prudentes, notamment en raison de ce manque de données.
Autre limite : l’effet ne dure que tant que le traitement se poursuit. Dans un essai, les participants avaient repris environ les deux tiers du poids perdu un an après l’arrêt. Le poids perdu n’est par ailleurs pas uniquement de la graisse : dans une analyse d’un essai sur le sémaglutide, la masse grasse a baissé de 19,3 % et la masse maigre, c’est-à-dire le muscle mais aussi l’eau et les organes, de 9,7 %.
Ces traitements ont aussi des effets indésirables. Les troubles digestifs sont fréquents (nausées, vomissements, diarrhée, constipation) et plus rarement des pancréatites ou des problèmes de vésicule biliaire sont signalés. Ils sont déconseillés pendant la grossesse. Leur prix est enfin élevé : avant remboursement, une boîte, soit environ un mois de traitement, coûte de 147 à 434 euros selon le produit et la dose. Et on ne s’en procure qu’en pharmacie, sur ordonnance : les sites non autorisés peuvent vendre des contrefaçons.
En résumé
Ozempic et ses amis sont une vraie avancée pour le diabète de type 2 et l’obésité sévère. Ils ne sont ni un raccourci esthétique, ni une solution sans suite, et on manque encore de recul sur leurs effets à très long terme. Ils s’inscrivent dans une prise en charge globale, qui associe alimentation, activité physique, sommeil et suivi médical.